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lutineries de plumoc

Jeanne

16 Février 2016 , Rédigé par Renan Plaquet Publié dans #écrits d'atelier

https://www.facebook.com/lateliernoracy/

Jeanne arborait un sourire crispé depuis bientôt deux heures. Ce n’était pas tant le froid qui tendait ses lèvres et les menait au bord de la rupture cutanée, que l’angoisse et la gêne. Si six pieds foulaient le pavé, si les murs de la ville portaient l’écho de trois rires, ils étaient bien deux à parler pour les faire éclore.

Jeanne a toujours détesté la gêne, quitte à lui préférer l’ennui des nuits solitaires. Ces nuits froides, suffocantes de tristesse, qui voient une jeune femme meurtrie se punir par l’inaction et repousser les confins de l’ennui jusqu’au lieu secret — propre à chacun — où vous êtes assez un pour laisser sortir votre double odieux qui étouffe de ses jugements hurlés les sanglots de votre âme.

Plus ses mots sont durs, et plus ils restent et persistent à vous suivre au-delà des abysses de l’isolement. À force de répétition, les uns après les autres, ils s’agrègent, se multiplient et s’unissent pour cristalliser une prison de verre. Insidieuse : elle vous coupe du monde et décuple la gêne, elle fait naître l’effroi d’une détention en isolement mobile.

D’ordinaire, le cœur de Jeanne accélère très tôt quand elle est entourée par d’autres. Il bat, puis Bat, puis BAt puis BAT jusqu’au point de rupture qui la fait s’éclipser et replonger bien vite dans sa chambre pour y retrouver le démon qui seul sait recouvrir ses plaintes.

Mais pas ce soir. Ce soir, elle accompagne, elle ne participe pas encore vraiment, mais elle suit et c’est déjà énorme. Et son cœur a beau BATTRE et essayer de bondir hors de son corps par son thorax ou par ses lèvres, elle n’abdique pas et colle au plus près de chaque mot, de chaque geste, de chaque regard d’Hannah.

Elles marcheront encore et épuiseront Sliman, elles retrouveront la rue du Poteau et le perron d’Hannah. Et si son cœur tient jusque là, s’il n’a pas encore explosé, si les effets de l’alcool ne se sont pas totalement dissipés, peut-être que Jeanne se laissera aller et tentera de fissurer sa cage pour l’embrasser.

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La règle vingt-huit

5 Février 2016 , Rédigé par Renan Plaquet Publié dans #concours de nouvelles, #concours, #résultat, #publication, #maviesurfacebook, #méthode, #karim serraj

La règle vingt-huit

Bonjour à toutes et à tous,

Voici un petit écrit porteur d’espoir et rédigé tard dans la nuit, par une personne croulant sous l’épuisement (figurativement) et sous les cartons (littéralement).

Mais pour ceux à qui ça aurait échappé, la nouvelle que j’avais proposé au concours « Ma vie sur Facebook » a retenu l’attention d’un jury de lecteurs. Ils étaient apparemment assez nombreux et devaient marquer d’un « I like » les textes qu’ils souhaitaient. Apparemment, la règle vingt-huit a beaucoup plu… elle a terminé 3e de la catégorie auteur en herbe.

Outre le bonheur intense de voir un de mes écrits apprécié au point d’être retenu pour une publication, cette expérience m’aura appris pas mal de choses (et je pense que ce n’est qu’un début). Ceux qui lisent régulièrement mes (trop) longs articles, savent que je ne suis pas le roi de la ponctualité, que mes textes sont souvent écrits à l’arrache et, soyons franc, généralement, ça se sent. Pour ce concours, un report d’un mois s’est fait et je n’en ai pris conscience que le jour ou j’allais l’envoyer. Du coup, j’ai eu ensuite tout le loisir (trois semaines) pour laisser le texte reposer et travailler dans mon esprit et j’ai finalement pris quelques jours pour le relire et le retravailler.

Honnêtement, je n’ai pas changé grand-chose dans cette seconde mouture, mais j’ai tout de même retravaillé la fluidité de certains passages, supprimer quelques longueurs inutiles, développer certains points peu clairs et je ne pense pas que mon texte aurait attiré tant de votes si j’avais envoyé la première version…

J’en tire donc une bonne leçon et essaierai, à l’avenir, de finir mes nouvelles un mois à l’avance pour pouvoir les retravailler plus efficacement par la suite.

Enfin un tout petit mot pour remercier les organisateurs du concours et notamment Karim Serraj, qui s’est donné un mal fou pour organiser tout cela !

À très bientôt pour d’autres news et d’autres textes (oui ça fait longtemps, mais c’est promis, je vide quelques cartons et le m’y replonge) !

Créativement,

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